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Paranoid socialist : chronique d'une défaite

Trois mois après l'élection du l'überprésident Sarkozy à la tête de l'Etat, le Social-traître se penche sur les différentes raisons qui ont pu mener à la défaite du Parti socialiste en mai.

Le problème central est celui des idées. Du côté des slogans, on n'a guère eu droit à mieux que l'ajout du mot "juste" à la suite de ce qui aurait pu être des slogans de l'UMP. Exemple : "Pour une France forte ... et juste !" "Vive l'ordre ... juste !". La raison ? Le flottement idéologique du PS principalement. Depuis 1982/1983, le PS est devenu, lorsqu'il est au gouvernement, un parti réformiste, oscillant entre une gestion de centre-gauche et des mesures plus nettement marquées à gauche comme les 35 heures. Mais voilà, il est encore difficile de s'admettre social-démocrate au sein d'un parti qui pröne encore dans ses statuts "l'économie mixte" et qui est attaché au folklore hérité de la SFIO : quelques socialistes mis dans un espace contigü s'appelleront respectivement "camarades", et peuvent même parfois être amené à chanter l'Internationale. Sans compter la multiplicité des courants : lors du vote des motions internes en 2005 il était même possible de voter pour un courant "social-libéral" (qui a heureusement eu un score ridicule) et pour un courant nommé "utopia" dont personne n'avait jamais entendu parler. Plus communément on distingue les courants "hollandais", "royalistes", "strausskahniens", "fabiusiens" qui exécutent un perpétuel jeu d'alliance et/ou de concurrence... Cet état de fait a pu brouiller les cartes avant l'élection, les différents courants faisant parfois preuve d'une grande violence entre eux. Le problème central semble bien de concilier la démocratie interne et la clarté du message. Concernant le message d'ailleurs, c'est là que le parti socialiste doit faire la plus grande partie de son travail. La "refondation" tant appelée des voeux des dirigeants socialistes ne pourra se faire que dans deux sens : un sens social-démocrate assumé prenant pour modèle les partis de centre-gauche en Europe occidentale, ou une "autre voie" qui reste à préciser, et qui tenterait d'assumer un ancrage à gauche sans reprendre les recettes de 1981, qui se sont révèlées inefficaces, surtout en ce qui concerne l'économie. Tout reste à faire dans ce sens, mais rien ne laisse présager qu'on se tourne vers cette direction.

L’art aujourd’hui où comment trouver son sponsor ?

On le dit haut et fort _enfin par « on » il va de soi que l’on parle uniquement des gens encore intéressés aujourd’hui par l’art_ l’art n’est pas mort, il respire encore un peu. Mais sous quelle forme?
« Il faut sortir de l’art officiel » « il faut démocratiser l’art ». Voilà de belles paroles, les subventions apportées par l’Etat ne favoriseraient qu’un Art dit « officiel ». En effet même si un artiste peu (souvent) avoir besoin d’argent, où est la légitimité de l’Etat à le choisir ? Pourquoi Buren et pas un Pierre Pinoncelli ? Sur quels critères se base le jugement esthétique de l’Etat? Oui cela soulève des tas de questions. Un tel fonctionnement mets à l’écart des tas d’artistes et cela pourrait donc officialiser une infime partie de l’art ce qui rendrait peu d’artistes super riche (qui voteront à droite) et les 99% autres super pauvre dans l’indifférence la plus totale (un peu comme dans la musique aujourd’hui, il y a d’un côté Johnny et ses amis et les autres). Cependant il existe bien plus inquiétant qu’un art officiel, car au moins on sait à quoi s’attendre, non en plus sournois il y a le mécénat privé.

L’idée devrait être bonne, un mécénat privé pourrait rendre indépendant l’artiste et le sortir de l’art officiel. Sauf qu’aujourd’hui ce mécénat est instrumentalisé par des grosses entreprises. Il ne faut pas se voiler la face, les entreprises n’ont rien à faire de l’art, elles prennent le mécénat comme si elles sponsorisaient une équipe de foot, elles n’ont ni légitimité artistique ni critique esthétique, elles ne font que répondre oui ou non à des demandes de financement par ceux qui organisent des événements « culturel » ou « artistique ». Je mets artistique entre guillemets, car c’est à mon avis un contre sens total que de chercher des entreprises pour financer des œuvres en disant ainsi trouver une légitimité dans une pseudo liberté et indépendance que ne permettrait pas l’Etat car l’entreprise fixe ses règles. L’entreprise en idéal s’en fout de ce qu’on propose du moment que son nom apparaît, donc c’est là que ce trouve la liberté ….Youpi ! Sauf qu’en vérité non c’est le piège, les entreprises veulent se faire de la publicité en utilisant l’art soit, mais elles ne sont pas prêtes à laisser des artistes critiquer ouvertement le système dans lequel elles sont. Si l’artiste a une œuvre dérangeante (Bien souvent il s’agit de critique sociales) il n’a pas sa place, la censure se place là.

Pourtant l’art sans forcément retourner dans le début du siècle, c’est fait car évitait de caresser la société et les normes dans le sens du poils. L'art c’est susciter la réaction, exprimer son pessimisme, évoquer, questionner, dénoncer...

Hop hop sournoisement les galeries d’art préféreront chercher des fonds que s’intéresser à l’art dans le fond, tout cela dans un consensus bafouant toutes les règles de l’art, mettant juste en accord les galeries et les entreprises.

Oui si l’art aujourd’hui est bien fade, c’est qu’il est surtout issu de l’intense masturbation d’individus à l’égo surdimensionné et plus vraiment de gens engagés. Les gens engagés se retrouvent tout simplement exclus. Exemple frappant c’est celui de l’événement organisé par la plus grande galerie Messine d’art (Aïe) « le commerc’art » qui aura lieu courant septembre. Le titre ? Le musée dans la rue. Quelle mascarade, le musée dans la rue, c’est seulement proposer des photocopies d’œuvres et autres Statuettes à la noix aux gens pour décorer les vitrines de leurs magasins préférés. Où est l’impact artistique ? Le musée dans la rue, c’est un titre bien orgueilleux qui pourrait sous entendre que l'on veut démocratiser l’art, le mettre dans la vie, l’art c’est la vie, l’art c’est dans la vie avec des gens dedans, briser la barrière entre l’œuvre et le regardeur.

La Galerie explique même fièrement qu’elle fait ça pour faire découvrir l’art aux gens, que seront exposés les artistes confirmés comme les plus grands débutants, les meilleurs et les moins bons, pour sortir de la dictature artistique de la minorité reconnue et faire découvrir à tous (vu que dans la rue) l’art. La vérité est bien plus fade, c’est juste un événement où on prend les gens pour des cons, les entreprises qui « participent » (Caisse d’épargne, EDF GDF, des journaux locaux mais aussi La Chambre de Commerce, d'Industrie et de Services de la Moselle, BMW , etc … )sont juste là pour se faire de la publicité. Les artistes sont choisis pour surtout ne pas aller contre l’image des marques et de la société (il est formellement interdit de critiquer le capitalisme, les entreprises étant elle-même capitaliste, etc) et se faire de la publicité aussi forcément, les autres artistes moins lisses sont exclus. Le tout fait forcément plaisir aux commerçants qui vont afficher les œuvres pour faire venir la clientèle. Sans parler que tout ce monde là aura droit à une déduction d’impôts. (Le ministère de la Culture est à l’origine des facilités fiscales et des simplifications de mise en oeuvre de partenariats de mécénat apportées par le loi du 1er août 2003)

Pour conclure on se retrouve avec une épuration totale de toutes les œuvres engagés, reste juste les artistes qui ont voulu être affiché dans un magasin « hype » pour éviter que des sales bouseux de pauvres regardent leur travail (un bouseux de pauvre n’achète pas de tableau pour faire la déco de son intérieur), où ceux qui demandent qu’on n’affiche que les photocopies de leurs œuvres, se disant qu’une pâle photocopie suffira bien, son travail étant tellement remarquable, puis imaginez si une personne osait mettre son doigt sur son œuvre si magnifique et d’une telle valeur !!!!! On comprend bien que la galerie « commerc’art » est juste à l’image de ce que l’art est aujourd’hui. C'est-à-dire quelque chose de mort fait par des branleurs hautains qui se sucent la bite pour les riches qui aiment bien car ça fait de la déco « hype » chez eux, excluant forcément tous les gens qui ne sont pas dans la classe aisé et initiés. Toutefois la nouvelle mode, comble du chic, summum du In, dans la même ligné que les grosses entreprises polluantes faisant des galas pour récolter des fonds afin de sauver les oiseaux du sud est de la Tanzanie, les galeries d’art s’installent dans la rue pour donner l’illusion qu’elle s’ouvrent vraiment au monde.